Pour la première fois depuis deux ans , tu as pris le temps de me repondre et de formuler la
façon dont tu perçois notre situation.Je dois tout d'abord t'en remercier, apres tous mes mails et lettres restés sans réponse
En même temps, je t avoue avoir ete choquée d'une présentation qui en
substance me dit :
- que je me serais exclue de notre intimité familiale et conjugale.... Alors
que depuis deux ans, ton attitude de mutisme total ,et de dissimulation, quant à la relation exacte que tu as eue, ou non
(..mais après tout ce temps, je ne pourrai plus en acquérir la conviction), avec ta cousine, a perduré,
me plongeant peu a peu dans une spirale de doute, de tristesse et de remise en cause.
La plus grande déception de cet état de fait a résulté de ton manque récurrent de calme et de volonté
pour affronter une discussion me permettant d'acquérir des certitudes positives lorsque cela etait possible, au lieu des évidences effroyables, même si elles auraient dû n'être qu'apparentes, que
tu as generées en niant jusqu aux faits tangibles, auxquels nos enfants ont été impliqués malgré eux et en ont souffert.
Je ne crois effectivement plus utile de te rappeler ces interrogations douloureuses. Je t en ai amplement parlé, malheureusement en vain.
Et tu ne m as jamais donné les réponses que j'attendais, qu'elles soient cruelles ou rassurantes,
mais en tout état de cause sincères, aimantes, jusqu a ce jour.
«
il ne s'est donc pas passé toutes ces choses » que tu rayes de notre mémoire, en quelques mots résumés en deux lignes, comme s'il s'agissait
d'un simple cauchemar. Lire cela maintenant, au bout de deux ans de supplications, me fait simplement réaliser que les 24 derniers mois pendant
lesquels tu aurais pu me rassurer, n'ont eu pour toi aucune consistance.
tu me parles d'exclusion d'un cercle familial, qui selon toi coinciderait avec une excentricité du cap de la cinquantaine. Les choses sont
malheureusement moins anodines.
"Excentrique"...extravertie.. tu m'as toujours plus ou moins aimée par ce côté qui te donnait semble-t-il l'équilibre que tu recherchais.
Du moins est-ce la façon dont tu me jugeais, ce que tu me disais. Pour ma part, je me suis toujours simplement conduite en harmonie avec mon être,
en croyant que c'est cet être que tu aimais... naturelle, sans fard, sans faux semblant, et quoi que tu en penses aujourd'hui, communicante et ouverte aux autres.
Parler, exprimer ce que je ressens, cela a toujours répondu à une profonde sincérité envers tous ceux que j'aime.
Etre est avant tout un dialogue. Je regrette que de ton point de vue, être, à ma façon, ne traduise qu'une confrontation.
C'est tellement éloigné de ce que à quoi j'aspire. L'authenticité des propos ne signifie pas exclusion, mais échange humain.
A force d'être ainsi reléguée dans un rôle de simple excentrique, qui plus est versée dans le commérage selon ton appréciation, j'ai fini par être de
plus en plus blessée par ce constat désolant : ne répondre qu'à des rites de comportement pour ménager les autres, « parceque cela ne se fait pas », privilégier le paraître, en négligeant
de conférer à notre amour un respect et une priorité élémentaires, avant toutes autres choses.
Ton message est étonnant à ce titre. Relis le. Tu t'apercevras peut-être que
tu me parles essentiellement des autres, de toi, jamais de nous : toi et moi.
En fait d'absence relationnelle, je crois m etre battue avec toute l'energie du désespoir mais aussi de toutes mes forces pour reconstituer notre unité.
La lancinante incertitude de ta distance ne m a pas permis de réussir.
Après avoir baissé les bras, assumé contre nature la culpabilisation que l'on ressent a force d'etre isolée dans le rôle d'une sorte de râleuse éternelle,
simplement parce que je me battais pour provoquer un réveil, il est décourageant, au-delà de la simple élégance, de vouloir me faire porter la
responsabilité de ton état général.
Combien de fois t'ai-je encouragé à te reposer, relacher un peu, ton travail, à dominer les situations plutôt qu'à les subir en accumulant le stress , qui
s’est toujours répercuté sur ton état d’hypertension continu depuis 20 ans..
... comme tu me le dis, nous avons 50 ans et cet âge devrait t'apporter, à toi aussi, la sagesse de
savoir exiger ton dû. Pas exclusivement envers ta femme : envers tous.
J'ai tant souhaité que tu aies enfin des égards envers toi-même, ce qui implique que tu acceptes et revendiques ta valeur vis-à-vis des tiers, pour
que tu puisses nourrir des égards, des attentions, pour moi, mais surtout pour nous. Il est donc révoltant d'insinuer que je me serais isolée de notre
milieu familial, dont tu as été bien absent au cours de toutes ces années, ensemble
Tu me demandes si j'ai envie de vivre avec toi, avec de la vraie tendresse et non pas de la brutalité.
As-tu cette réponse toi-même, pour ce qui me concerne, après ces dernières années au cours desquelles je t'ai posé cette
même question ? je dis bien "réponse" : as-tu encore envie de vivre avec moi, telle que je n'ai jamais cessée d'être ?
Pour ce qui est de la communication, tu veux ignorer celle, profonde, que j'ai depuis longtemps avec les enfants, Je suis tout aussi
désolée que tu ignores visiblement celle que je bâtis avec notre dernier. Il ne suffit pas de n'être présent que pour les côtés agréables, avec nos enfants. et leur faire des cadeaux
La rigueur qu'il a fallu malgré toute autre envie observer avec chacun d'eux, pour les amener à évoluer dans un cadre, t'a visiblement conduit à
déduire que ma communication était "intolérante". L'expérience démontre tout le contraire. J’ai toujours été la pour l’essentiel.
Je souhaite donc ardemment que tu évites de dresser les enfants contre moi ,un mur d'incompréhension, en me mettant en exergue auprès d eux,
et tes rappels à suivre un chemin de vie plus rigoureux, sans me donner le soutien nécessaire à ce titre.
Notre vie "sociale" est inexistante depuis plusieurs années.Par ton absence et ton manque de temps pour nos amis , et aussi
parce que tu as nourri injustement une certaine honte de notre cadre de vie.
Pourtant, celui-ci nous appartient. J'ai fait avec ce que tu nous permettais d'avoir. J'y ai investi tout l'amour que je ressentais. Cela n'a visiblement
pas suffit à te faire ressentir quant à toi le bien-être auquel j'aspirais par-dessus tout. Nous verrons si tu mènes jusqu'à son terme cette promesse, depuis longtemps
de déménager. Tu connais depuis longtemps mes rêves dans ce domaine. Je t'ai montré qu' ils n'étaient pourtant pas des exigences.
Tu parles de problemes que j ai causés dans ta famille, (j ai été rabaissée des dizaines de fois, ainsi que les enfants qui ne veulent plus y aller ) et j y retournais pour toi et eux , a chaque fois ; tu oublies ceux dans la mienne, nous avons tres vite arrété d aller chez mes parents, à ta demande..
S'agissant des concessions, je te reconnais une générosité rare envers chacune de tes relations amicales ou professionnelles. Beaucoup en ont abusé.
Te le dire t'a toujours ulcéré. C'est pourtant ainsi. J'aurais aimé que tu me consentes celle de comprendre qu'à mon tour, il m'est difficile de
te voir donner aux autres, mais de ne pas recevoir ce qui pour moi était l'essentiel : ton temps, ta tendresse, le privilège de ton attention.
Je n'ai jamais ressenti de haine, Je regrette que tu puisses supposer que l'expression de déceptions successives en traduise le sens. J’ai ressenti beaucoup de mensonges, de négligences, d’indifférence de ta part, d’impuissance de la mienne à entamer un dialogue.
Il est temps que tu réalises la place que toi-même, as négligé depuis longtemps dans la maison et dans nos cœurs. "nos cœurs"... le mien en particulier.
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